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Qui est juif, qui n’est pas juif, qui est “goy” au Kibboutz de Paris?

 

 

 

Depuis 2 ans et demi, nous fonctionnons depuis un positionnement défini et noté sur notre site internet et autres présentations :

 

« Le Kibboutz est un mode de vie issu de la culture juive, promu par des personnes qui le pensent pertinent, qu’elles appartiennent ou non à cette culture. »

 

A cet égard, une question digne d’intérêt nous est souvent posée :

 

« Le judaïsme est en risque d’assimilation. Ne craignez-vous pas de favoriser des rencontres mixtes ainsi faisant ? Ne serait-il pas nécessaire de vérifier le judaïsme des amis, membres, ‘haverim ? De fermer certaines activités aux Juifs certifiés Juifs ? Et ce, uniquement par le consistoire ?

 

Notre réponse :

 

La vie au kibboutz de Paris nous amène quotidiennement à faire de belles rencontres. Vous nous appelez. Vous demandez à nous rencontrer. Vous souhaitez prendre part à nos actions, partager la vie de notre kibboutz en construction, devenir ‘haver KDP etc. Certaines associations également prennent contact avec nous. Cette union qui fait la force se concrétise alors par des partenariats heureux et fructueux comme ceux que nous tricotons depuis plus de deux ans avec la Fédération des Juifs Noirs, Lehaïm Handicap, Bleu Soleil Education/AMCAT.

 

Notre Kibboutz, comme précise son site (www. http://lekibboutzdeparis.org/lhistoire-du-kibboutz/le-kibboutz-en-france), est ouvert à tous depuis la position suivante :   

 

« Le Kibboutz est un mode de vie issu de la culture juive, promu par des personnes qui le pensent pertinent, qu’elles appartiennent ou non à cette culture. »

 

Nous soutenons comme suit ce positionnement : le mode de vie kibboutzique est « l’identité juive en acte », l’identité juive « par excellence » (nous ne développons pas cette assertion ici, nous la développons sans relâche dans nos autres écrits et temps de rencontre, car le sujet qui nous préoccupe en l’occurrence se trouve autre).

 

Ceci étant dit, nous pensons dans la continuité des Enseignements, qu’être Juif, que pour les Juifs, n’a aucun sens. Nous sommes Juifs aussi pour partager les joyaux de notre transmission avec ceux qui s’y intéressent, qu’ils souhaitent ou non devenir juif. Pour les croyants, ou plutôt… « les étudiants quelques peu sachant », c’est dans cette fraternité, ce partage respectueux, fructueux et heureux que des temps meilleurs appelés temps messianiques adviendront.

 

Tandis que depuis 2 ans et demi nous fonctionnons depuis ce positionnement, une inquiétude juive, digne d’intérêt, nous est régulièrement adressée sous la forme de cette question : « Le judaïsme est en risque d’assimilation. Ne craignez-vous pas de favoriser des rencontres mixtes ainsi faisant ? Ne serait-il pas nécessaire de vérifier le judaïsme des amis, membres, ‘haverim ? De fermer certaines activités aux Juifs certifiés Juifs ? Et ce, uniquement par le consistoire ? »

 

Notre réponse prend appui sur deux considérations :

 

1/ Le respect de la Loi, le principe de réalité et les règles établies, en vigueur, suffisamment reconnues et non encore remises en question, bref, le cadre, sont toujours à considérer et prendre en compte, sans quoi, aucun collectif n’est à même de transmettre, protéger et faire fructifier sa transmission.

 

2/ La considération qui précède, toutefois, ne peut se faire au dépend de la singularité, de l’allant, de l’histoire singulière juive de chaque « Ivri », de chaque « Hébreu », ou, pour le traduire autrement, de chaque « passant-cheminant » que chaque Juif porte en lui, à toute époque, « passant-cheminant » du Tigre à l’Euphrate, en direction de la Terre de la Sainteté. D’une Sainteté toujours à chercher, plus loin, ailleurs, Très Haut, là où l’on ne pensait pas. Le Juif interroge, s’interroge, chemine, erre, se perd, cherche, renonce, invente, révolutionne, guérit etc. Il est et se doit d’être toujours et éternellement en mouvance.

 

L’identité juive ou sa transmission aux autres nations réside fondamentalement depuis cet autel et invite unique : « Ivri, nations du monde, ne mettez jamais rien et surtout pas l’humain dans une petite boite avant l’heure. Partagez, étudiez, pensez, afin d’être vivant à l’image du Vivant qui vous a tous créé, afin d’être créatif de mondes infinis comme lui et non destructeurs, momifiant, idolâtres. »

 

Comment ne pas penser à cette étape de notre réflexion, à la proposition d’un sage du Talmud qui enseigne : « Nous ne naissons pas Juif, nous le devenons. » Cette proposition insiste, elle aussi, sur le fait que tout Juif, garçon et fille, qui s’engage à vivre « en Juif » à sa majorité religieuse, s’engage à porter en conscience et efficience une responsabilité première, fondamentale et particulière : faire fleurir cette condition d’être au monde, mouvante, jusqu’à son dernier souffle. Il ou elle assume « le difficile bonheur d’être Juif » pour reprendre les mots d’André Neher, la poésie du risque, d’avancer sa vie durant sur un fil, tel un équilibriste, à la merci des vents. Dans le respect de cette appréhension, ne risque-t-on pas, en réduisant d’entrée de jeu l’identité d’un Juif et son droit d’entrée dans un collectif juif à la validation du consistoire, de le torpiller dans son identité d’« Ivri », dans son « allant-devenant juif », dans l’un des vécus les plus précieux et uniques de l’identité juive aux plans de l’individuel, du collectif juif comme du grand collectif, de l’universel ?

 

Ceci étant posé, comment faire pour respecter le bien-fondé des deux incontournables perspectives juives évoquées ci-avant, d’apparence paradoxale ?

 

Au Kibboutz de Paris, pour l’heure, notre petit collectif est constitué d’amis d’Israël qui ne sont pas juifs et principalement, de personnes juives dans leur histoire, leur désir, leur joie. Certaines ont validé cette histoire d’amour et d’étude permanente avec leur judaïsme au consistoire, d’autres dans la communauté massorti, d’autres au MJLF, d’autres sont en cours de validation, si nous pouvons dire les choses ainsi.

 

Le couple, la famille et le groupe sont les lieux de transmission du judaïsme par excellence. Le couple, par le mariage, le lieu par excellence.

 

Alors, quand le Kibboutz ouvre ses portes à de nouvelles personnes, plutôt que de demander « des papiers en règle », nous avons choisi de nous parler sans tabou. La question de l’identité n’est pas une offense mais une invite au voyage, au partage. De là, à chaque parent de transmettre à ses jeunes, à chaque adulte d’assumer : si dans l’intime du couple, le partage d’une vie juive compte, il revient alors de ne se mettre en lien amoureux, conjugal, qu’avec une personne qui porte un judaïsme qui convient, semble pouvoir épanouir, faire fleurir le sien. Il y va de notre force de caractère et de la connaissance de soi. Il n’y a alors aucun mal à interroger une personne qui nous inspire sur sa trajectoire et sa maison culturelles puis en tirer les conséquences pour soi. Nous ne voyons là qu’intelligence, intérêt et respect.

 

Vous direz à juste titre : « Oui, mais l’amour dépasse la raison. Un jeune ou moins jeune peut, et c’est sa liberté, choisir pour son foyer de ne se mettre en couple qu’avec un juif , un chrétien, un musulman, un athée, un bouddhiste etc. et l’amour sinon le rattrapage névrotique faisant leur œuvre, se retrouver là où il ne voulait surtout pas. »

 

Quand l’amour dépasse la raison, cela relève du Très Haut. Et tout est bénédiction. Ainsi va l’histoire juive depuis des millénaires, créative et toujours bien vivante, non ?

 

Avoir confiance en la vie, l’avenir, c’est croire en D… (André Neher)

 

 

Ceci étant dit, Au Kibboutz de Paris, nous assumons et répétons : vous êtes tous les bienvenus. 

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